Été 1997, Glasgow- Mary, réfléchis un instant! C'est idiot ce que tu...CLAC!
Une solide gifle interrompit Mr McGregor. Celui-ci, hébété et en colère, fixa son épouse d'un oeil noir en frottant sa joue.
- Idiot?! Bien! Laisse moi vivre mon idiotie en paix, bourreau! Tu n'as aucun droit de choisir pour moi!- Sois sérieuse un instant! Ce n'est pas un métier adéquat pour une mère de famille! Mary, nous avons trois enfants à nourrir et...Ça recommençait. C'était toujours la même chose. Le petit Paul, caché dans les escaliers, était témoin pour la centième fois d'une querelle du genre. Ses parents se criaient des bêtises, pleuraient souvent et claquaient les portes. Cette fois-ci, il y avait eu des objets précieux brisés, des menaces, des cris... Meggy et Edmund, eux qui d'habitude ignoraient les disputes de leurs parents, regardaient eux aussi la scène avec des yeux ronds.
- Si tu pars pour ce tournage, je demande le divorce! hurla John.
- Toi, demander le divorce?! Tu n'en auras pas le temps! Tu m'as pourri la vie, tortionnaire! Non seulement je pars pour Londres, mais je pars définitivement! N'espère plus jamais me revoir!- Maman! s'égosilla Meggy du haut de ses dix ans.
Mary se précipita dans sa chambre, les joues mouillées par ses larmes. Elle avait claqué et verrouillé la porte, si bien que John s'épuisa à tambouriner dessus. Au bout d'une demi-heure, elle ressortit, une valise à la main. Son mari eut beau crier qu'elle faisait une erreur et qu'elle était stupide d'abandonner ainsi ses enfants, rien ne la fit reculer. Dès qu'elle fut partie, celui-ci alla à son tour s'enfermer dans la chambre. L'ouragan s'était calmé. Meggy tomba à genoux, en larmes. Elle était la seule qui comprenait vraiment ce qui se passait. Edmund vint près d'elle et faisait de son mieux pour la consoler. La situation ne lui échappait pas complètement et il avait beaucoup de mal à se calmer lui-même. Seul Paul avait encore les yeux fixés sur la porte d'entrée, se demandant pourquoi sa mère était-elle partie et quand reviendra-t-elle.
Ce fut en fait la dernière fois qu'il l'eut vue en face.